Cécile de Jaunay-Clan (Vienne)

Mais c’est là que commence la Tâche, pour qui l’accepte : il ne suffit pas d’avoir touché du doigt la Force, la Lumière Vive, la Joie, encore faut-il l’installer dans le «petit temps». Il en va de la Vie comme de l’Amour -et pour cause, puisque c’est la même chose- : tomber amoureux est facile : ça nous arrive comme malgré nous, c’est un état qu’il nous semble «subir», comme venu d’ailleurs, hors de nous. Mais il ne s’agit pas d’en rester là, sans quoi il s’use, s’abîme, et on l’oublie. Pour passer à l’Amour, alors commence le travail, la construction qui demande vigilance et rigueur, volonté et persévérance. La moisson en est incomparablement plus riche et bénéfique, à la mesure des efforts fournis. Effort ne rime pas toujours avec souffrance. Au contraire. Plus cette «discipline» devient un réflexe, plus il en ressort de Joie, de plénitude.

 

Ainsi, je me sens à un seuil. La Vie m’a fait goûter aux fruits de la moisson, et m’a offert les graines pour mes premières semailles. Au boulot ! Je ne sais pas encore quoi en faire, comment planter, ni où, mais il me faut faire confiance, comme ma Vie me fait confiance : elle distribue toujours la Tâche au moment où l’on est prêt à l’accomplir…

 

Le Camino n’est qu’une étape, un pas sur le Chemin. De ce qui semble une parenthèse dans une vie, il faut faire le terreau d’une Vie plus pleine et plus «vécue», une Vie où l’on s’enracine non plus comme une «victime» des éléments extérieurs mais comme le catalyseur qui transforme la matière brute en objet, et les aléas en évènements : devenir l’artisan qui transforme, invente, construit, emboîte et met en mouvement les mécanismes distincts qui sans son intervention ne seraient que des choses informes, des accidents dépourvus de sens.

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