d’élus de la voie de Tours

  • Alain Juppé : Il n’est pas rare en sortant de l’Hôtel de ville de Bordeaux de croiser des pèlerins sac au dos arborant une coquille et bâton en main. Le palais Rohan est en effet voisin de la cathédrale Saint-André classée par l’Unesco, avec deux autres édifices bordelais les basiliques Saint-Seurin et Saint-Michel, au titre des chemins de Compostelle.
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    rond point de Pons sur la Via Turonensis

    A leur rencontre mon sentiment est double.
    Admiration car il faut à ces hommes et ces femmes du courage et de la détermination pour entreprendre un tel périple sachant que le chemin est long et difficile. Envie car j’aimerais pouvoir trouver suffisamment de temps pour poursuivre une première étape entamée il y a quelques années.
    Partir sur les chemins de Saint-Jacques est une aventure à plus d’un titre. Humaine bien sûr car c’est l’occasion de rencontres et de découvertes mais aussi personnelle car elle conduit à une meilleure connaissance de soi.
    Le positionnement de Bordeaux sur la voie de Tours nous permet d’accueillir chaque année plus de 600 marcheurs. Ils étaient jusque là simplement de passage. Ils pourront désormais prolonger leur séjour dans le cadre de la « Maison du pèlerin » que nous venons d’inaugurer et qui est gérée par l’association Bordeaux Compostelle Hospitalité Saint-Jacques.
    Qu’ils sachent qu’ils seront toujours les bienvenus à Bordeaux !

  • Jean-Pierre RAFFARIN : Cette expérience, renouvelée, de mes périples sur les chemins de Saint-Jacques est l’une des plus enrichissantes que j’ai pu réaliser . Le premier bonheur est celui du piéton qui visite le pays qu’il aime sans jamais assez le connaître, dans tous ses coins et recoins. La France est belle sous tous ses visages. L’histoire est aussi présente que la géographie partout sur les chemins, à Saint-Félix où l’on honore la reine, sainte et poitevine, Radegonde ou à Cahors où le pont Valentré a été construit au moyen âge pour protéger les pèlerins. La générosité des hommes a traversé les temps, aujourd’hui encore l’accueil sur les chemins, est chaleureux et généreux. A un jeune qui voudrait aujourd’hui s’engager dans l’action publique, c’est- à-dire servir la France, je lui dirais : fais toi piéton, marche dans le pays ainsi tu l’aimeras et tu pourras alors le servir. Le second bonheur est celui des pèlerins: la présence spirituelle sur les chemins. Il y a trois circonstances, au moins, où la spiritualité transforme le randonneur en pèlerin. La rencontre d’abord L’homme politique note tout de suite la différence entre une rencontre sur les chemins et une rencontre dans la rue. Ici la sincérité est présupposée. On ne calcule pas, on marche. Les échanges sont spontanément sincères. La fraternité existe, là on la rencontre. Chacun respecte l’autre, son itinéraire, son rythme, sa pensée. La discussion devient profonde. On se connaît depuis 5 minutes, on se parle déjà, entre amis. Simplement, sincèrement. Le chemin fait grandir l’amitié. La beauté du monde ensuite. L’émerveillement pour la nature est quotidien. Le chevreuil qui détale devant les pèlerins, les papillons bleus qui se rassemblent pour nous accompagner, les champs de tournesol qui donnent, à la terre, la lumière du soleil… On comprend l’amour des grecs pour le cosmos. Cette beauté du monde place le pèlerin face au sentiment naturel de gratitude. La prière enfin. Sur le chemin la prière est plurielle. A chacun la sienne ; et pourtant elle rapproche, elle rassemble, elle unit. La diversité se fait unité. Chaque pèlerin garde en lui ses douleurs et ses peurs mais la présence des autres témoigne et conforte. Ce qui relie le chemin et la destination de chacun, ce qui relie les amis pèlerins entre eux, ce qui permet aux pas de s’arracher des pierres calcaires du Quercy, c’est l’espérance, religieuse où laïque. La liberté pour chacun, l’espérance spirituelle pour tous. Jean-Pierre RAFFARIN, Chasseneuil en Poitou, Sénateur de la Vienne Ancien Premier Ministre
  •  De la fenêtre de la mairie de Mauprévoir en Vienne :  « Tranquilles sur la Voie de Tours vers Compostelle », le nom de l’Association est à lui seul une invitation. Une invitation à s’interroger sur la question de savoir où va notre humanité, plus particulièrement notre Occident et nous-mêmes. Notre Occident sait à peu près d’où il vient, mais peine à savoir où il va. Nous vivons manifestement une crise de l’avenir et notre jeunesse ne croit plus qu’elle pourra vivre mieux que ses aînés.
    La primauté du passé a été rompue, « l’humanité occidentale a inventé une forme de vie inouïe fondée par l’anticipation de l’avenir » comme se plaît à le dire le philosophe allemand Peter Sloterdijk. Ajoutons à cela que l’idée de partage, de bien commun et de communauté vole en éclats. Le sens du « nous » a disparu, pour être remplacé par le « moi je ».
    A l’heure du chacun pour soi, le sentiment d’appartenance à un projet commun qui transcende chaque individu a disparu. Cela explique la désaffection des urnes, le peu de réaction de nos concitoyens face aux attaques répétées contre notre pacte social républicain, ou encore le glissement progressif du collectif vers le corporatif.
    Alors puisque vous avez choisi d’emprunter les chemins de St Jacques, puisse le temps consacré à ce cheminement personnel et spirituel vous faire retrouver les valeurs qui guident vos pas, dans la quotidienneté de votre vie. Jean-Michel Clément – Député « En Marche » de la Vienne -Maire de Mauprévoir 
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